En 1957, le groupe CFAO (Comptoir Français de l’Afrique Occidentale) avait le monopole de gérer l’activité automobile sur le triangle national à travers certains accords avec le gouvernement camerounais, afin de permettre à la jeune économie naissante de prospérer.
En pleine période de politique d’ajustement conjoncturelle, l’Etat a libéralisé le secteur automobile en 1983 autour de trois grands axes :
- - L’autorisation des importations des véhicules d’occasion par les sociétés nationales ;
- - La possibilité donnée aux sociétés nationales d’être des vendeurs de pièces de rechange ;
- - La dynamisation de la formation des jeunes camerounais au métier de cadre et ingénieur du secteur automobile à travers la multiplication des institutions de consommation technologique, l’érection de plusieurs CETIC en lycées techniques, la création des centres de formation rapide et d’organismes d’insertion professionnelle.
Toutes ces mesures visant à libéraliser le secteur ont eu pour conséquences , non seulement pour les populations à revenu intermédiaire de pouvoir accéder à des véhicules à moindre coût , contexte concomitant avec les débuts du marché florissant de véhicules d’occasion en Europe, mais ont aussi offert l’opportunité aux anciens employés des filiales CFAO victimes de licenciement économique de créer leur propre activité.
La conjonction de ces différents éléments a entraîné in facto une augmentation de l’offre de service du fait de l’accroissement constant du nombre de véhicules en circulation.
Sur le terrain ces mutations se sont traduites par une nouvelle donne s’agissant de l’offre de service et par une nouvelle segmentation des structures œuvrant dans le secteur, ainsi on peut aujourd’hui classifier les garages automobiles à usage commercial en deux catégories :
- _ Classe 1 : Des concessionnaires et des grands garages disposant d’installations modernes et fiables ;
- _ Classe 2 : C’est une catégorie qui regroupe des garages de moyenne et petite importance et des garages artisanaux, clôturés sans hangar.
Ces derniers proposent des prestations de services tels que :
- _ L’entretien (vidange, graissage, pneumatique, parallélisme, détection trimestrielle) ;
- _ La réparation (mécanique diéséliste, mécanique essence, électricité automobile, électronique automobile, soudure, peinture, tôlerie) ;
- _ La formation professionnelle.
De nos jours, avec le progrès technologique, on note l’apparition de nouveaux métiers comme l’informaticien en électronique automobile et l’ingénieur en électronique automobile, d’où la mécanique assistée par ordinateur (MAO) ; la remise à niveau se faisant chez les grands concessionnaires automobiles, disposant d’un service après vente.
Cependant, le secteur tend de manière continue à une prolifération de garages automobiles qui proposent un service approximatif et de mauvaise qualité aux conséquences multiples, parmi lesquelles on peut singulièrement relever : des problèmes de sécurité dont des accidents de la route avec pour corollaire des pertes en vies humaines, une multiplication des dépenses pour l’usager, une succession de panne en cascade etc.
Parmi les raisons invoquées, sans être exhaustif on retiendra notamment ; le manque de moyen de financement pour les structures, l’insuffisance de la formation initiale , l’amateurisme , des outils et des normes de travail qui ne correspondent pas aux standards , le non-respect de la réglementation , la quasi inexistence de plan de formation continue du personnel entraînant de fait un déficit en main-d’œuvre qualifiée et compétente capable de répondre aux exigences des nouvelles technologies liées à la maintenance automobile , etc. .
Face à cette situation d’insuffisances avérées, il s’est installé progressivement un doute quant aux compétences réelles des professionnelles du secteur mais aussi, une perte de confiance des usagers envers la profession. Cette Image parvient à créer au niveau des jeunes voulant embrasser la profession un manque d’engouement et d’enthousiasme.
Fort de ce constat, le Fonds National de l’Emploi organise, en collaboration avec les différents intervenants de ce secteur, une réunion sectorielle sur les professions de la maintenance automobile. C’est aussi un cadre de sensibilisation des acteurs du secteur de la maintenance automobile, sur l’importance d’améliorer la qualité et le rendement des métiers, en vue d’optimiser les emplois durables et attractifs pour en faire bénéficier à la jeunesse qui est en perpétuelle quête de l’emploi.